| Pédagogie coopérative
: pistes de mise en oeuvre
Parmi les approches de la coopération1 à l’école, la pédagogie coopérative a l’avantage de favoriser les apprentissages à l’aide d’outils et de structures permettant d’organiser la classe en équipes d’élèves interdépendants, de responsabiliser ces élèves, de développer explicitement les compétences de coopération et de donner une place importante à la discussion et l’évaluation des processus de groupes en vue de leur régulation2. Les lignes suivantes donnent quelques pistes de mise en œuvre, certes réductrices par rapport à la richesse de l’approche, mais susceptibles de nourrir la réflexion.
La qualité du travail en équipes est fortement
influencée par le climat de classe. Confiance, respect, entraide
sont autant de valeurs qui favorisent l’écoute, la reconnaissance
des compétences, les réactions face à l’erreur,
etc. Dans ce contexte, les activités améliorant la connaissance
des uns et des autres joue un rôle prépondérant. Elles
peuvent selon les besoins renforcer l’esprit de classe ou l’esprit
d’équipe. Staquet (2001)5 définit trois règles
de base de fonctionnement qui facilitent la communication dans ces situations: Activités collectives Activités en équipes
On peut planifier, au début de chaque période consacrée au développement d’une habileté de coopération6, une leçon, voire une séquence d’enseignement, entièrement consacrée à enrichir les représentations des élèves quant à l’objectif visé et à l’exercer. Le tableau en T est certes l’outil le plus fréquemment utilisé pour la prise de conscience par les élèves des comportements attendus7. Prenons un exemple pour illustrer ces démarches. «Ecouter attentivement celui qui parle» Première séance
1. Mon ami Jean n’a vraiment peur de rien. La troisième séance débute elle aussi par un bilan de la semaine en se référant au tableau en T. Puis l’enseignante propose aux élèves de travailler à l’aide de la structure «Têtes numérotées»: en équipes de 4, les élèves sont numérotés de 1 à 4 (numéro sur une pancarte autour du cou…). Un élève lit une histoire à la classe et stoppe sa lecture fréquemment (à certains endroits notifiés par l’enseignante). Chaque équipe reconstitue la dernière phrase prononcée avec précision. L’enseignante énonce un numéro. L’élève qui porte ce numéro donne la réponse. Une objectivation mettant en évidence les acquisitions et les progrès encore à faire conclut la séquence. Suite à ces activités, l’écoute reste pendant un mois l’habileté développée et évaluée au cours de chaque activité en coopération dans diverses disciplines.
Objectivation La première objectivation avec une classe n’est
la plupart du temps pas satisfaisante… La réflexion critique
sur les processus de groupe est un apprentissage en soi. Les élèves
n’apprennent que peu à peu à utiliser cette opportunité,
à «mettre en mémoire» en cours d’activité
des points sur lesquels ils souhaitent revenir avec leurs camarades et
l’enseignant-e. L’enseignant-e quant à lui-elle devient
de plus en plus capable de veiller à ce que les élèves
s’expriment avec respect, verbalisent leurs démarches, s’écoutent
les uns les autres. Il-elle parvient progressivement à saisir au
bond les déclarations des élèves pour les approfondir
et les faire expliciter; à relancer les problèmes soulevés
à la classe pour envisager ensemble des solutions acceptables et
constructives qui auraient pu être applicables sur le moment et/ou
à mettre en œuvre dès l’activité suivante.
Lorsqu’il-elle dresse aussi son bilan, il s’agit pour lui-elle
de sélectionner quelques éléments sur lesquels attirer
l’attention des élèves, parmi les nombreuses observations
qu’il-elle a pu rassembler, de jauger la disponibilité des
élèves, pour gérer ses interventions. La plupart
du temps, il-elle donne plutôt quittance aux observations et questionnements
des élèves et en prend note en vue de planifier la suite
des activités. Dans tous les cas, il-elle relève les points
positifs et félicite les élèves. |
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Yviane Rouiller Haute Ecole pédagogique, Lausanne (HEP-VD). |
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Notes
1 On entendra ici par coopération, une structure d’interaction
dans laquelle tous les élèves poursuivent un objectif
commun et ont un même statut (en contraste avec le tutorat, où
l’objectif ne vise que l’apprentissage d’une partie
des élèves et où l’on attribue pour l’atteindre
des statuts d’experts et de novices).
AdéCole Association pour le développement de la coopération à l’école Une association qui publie un bulletin saisonnier, organise des journées,
tables rondes, ateliers de formation, réunit des personnes-ressources,
développe des réseaux, construit son site web afin
de développer la coopération entre enseignants francophones
en favorisant la communication, la production et la réflexion
théoriques et pratiques autour des valeurs, principes de
base, outils, structures, méthodes de la pédagogie coopérative
Cette semaine… Très souvent Souvent Quelquefois
Rarement |
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