Avis d'enseignants sur la coopération à l'école

Françoise Gailland, maîtresse enfantine, Pascal Crettenand, enseignant au primaire, et Marielle Boillat, enseignante au cycle d’orientation, ont accepté d’apporter leur regard sur la coopération en classe et à l’école.


Françoise Gailland enseigne en ville de Martigny en 2e enfantine

La coopération n’est pas forcément facile à mettre en place en classe: elle dépend surtout des volées d’élèves, de leur «maturité» et de leur «autonomie». Si l’équipe fonctionne bien dès le départ, on peut aller très loin. Pour moi, ce travail en équipe est absolument essentiel, car il apporte beaucoup aux enfants, à l’enseignant et à l’esprit de classe. Si l’envie de mener une pédagogie coopérative est là, il y a vraiment de quoi se documenter, en particulier avec les nombreux ouvrages parus aux éditions La Chenelière. Divers cours de formation continue sont en outre organisés chaque année autour de cette thématique. Ensuite, il suffit d’un peu d’imagination.

Entre collègues, nous nous réunissons fréquemment, car le partage est absolument indispensable. Avec les autres enseignantes de 2e enfantine, nous avons fait le programme ensemble, nous nous échangeons régulièrement du matériel, etc.

Avec les intervenants extérieurs, la collaboration existe lorsqu’elle est nécessaire. Elle se passe alors généralement bien, car il s’agit de travailler ensemble pour aider l’enfant. J’organise des réunions participatives avec les parents et je constate, même si je ne peux pas l’expliquer, un lien avec le fonctionnement du groupe classe. Il est possible que dans la manière de concevoir la coopération, l’attitude des enfants en classe soit très dépendante de l’éducation reçue à la maison.


Pascal Crettenand, enseignant à Isérables en 3P-4P

Quand j’en ai la possibilité, c’est-à-dire lorsque les deux degrés sont séparés, j’essaie au maximum de faire du travail de groupe. S’il faut gérer les deux équipes, c’est assez difficile à réaliser. Je dirais que la réussite dépend d’une part du nombre d’élèves et d’autre part de la
volée. Il suffit parfois d’un ou deux élèves pour que le groupe devienne complexe à gérer. Les nouveaux moyens d’enseignement vont vers davantage de collaboration, ce qui me semble être une bonne chose. Reste que pour l’enseignant le travail en groupe implique un travail de préparation plus important.

A Isérables, la collaboration, tant avec mes trois collègues du primaire qu’avec ma collègue maîtresse enfantine, est grande. Nous nous rencontrons régulièrement et nous discutons autour de divers thèmes. Pour moi, cette collaboration est indispensable, et de plus essentielle pour assurer la cohérence dans la verticalité.

Nous avons des enfants qui vont chez la logopédiste ou qui travaillent avec des enseignantes spécialisées et cette collaboration est excellente. En quelques années, il y a eu de grands changements puisque la classe s’est ouverte à de plus en plus d’intervenants. C’est bien, mais il ne faudrait pas qu’il y en ait davantage.


Marielle Boillat enseigne le français et l’anglais au cycle d’orientation de Collombey

En classe de langue, nous travaillons beaucoup l’oral par groupe. Je privilégie également les corrections par quatre. En français, en 2e niveau I, le programme est tellement exigeant qu’il m’est difficile de les faire travailler en équipe. Le travail coopératif me semble très important et les nouveaux moyens d’enseignement vont précisément dans ce sens, toutefois ce n’est pas toujours réalisable en fonction des degrés et du nom-bre d’élèves. Lorsque cela l’est, c’est un bénéfice au niveau du dynamisme de la classe. Je ne trouve pas que cela demande plus de travail, mais cela implique une énergie supplémentaire. L’idéal est donc d’alterner les formes d’enseignement.

Dans le cycle de Collombey-Muraz, la coopération au sein de l’équipe enseignante fait partie de notre cahier des charges. Ces échanges sont extrêmement enrichissants.

Avec les parents, il y a des rencontres régulières et donc parfois une forme de collaboration. Par contre, pour ce qui est des divers intervenants extérieurs, je pense que la collaboration se fait principalement avec les titulaires.

 

Propos recueillis par Nadia Revaz

 

Retour