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Rapport au savoir
: avis d'enseignants
Quel rapport les élèves entretiennent-ils avec la connaissance? Comment s’opère l’alchimie entre désir, effort et plaisir à apprendre? Que faire pour donner le goût d’apprendre aux élèves qui sont plutôt dans le refus du savoir scolaire? Trois enseignants ont accepté de se livrer au petit jeu de l’interview flash.
«Si certains élèves considèrent
qu’apprendre est un privilège, pour d’autres c’est
une obligation», note Christine Zufferey. S’adapter à
ces différents rapports au savoir et trouver des stratégies
pour présenter la matière de façon à ce que
tous les élèves découvrent le désir et le
plaisir d’apprendre est selon elle l’une des difficultés
majeures de l’enseignement. Quant à dire si les élèves
ont conscience de la part d’effort à fournir pour apprendre,
elle répond par l’affirmative, en précisant qu’à
la fin du primaire tous, quel que soit leur niveau, savent qu’il
faut travailler pour apprendre.
Pour Bernadette Evrard, même les enfants en grande
difficulté avec qui elle travaille, ont généralement
un bon rapport avec le savoir. Rares sont ceux qui n’ont aucune
envie d’apprendre, pour peu qu’on titille leur curiosité.
Elle explique que même s’ils sont plus lents que les autres
et ont besoin d’un accompagnement individualisé, ils aiment
apprendre de nouvelles choses et le fait qu’ils rencontrent plus
de difficultés que les autres enfants n’empêche nullement
les possibilités de progrès. Elle observe aussi que la plupart
de ses élèves ont conscience de la notion d’effort
dans l’apprentissage.
Olivier Raboud, enseignant au CO de Nendaz, observe que
le rapport au savoir est extrêmement inégal d’un élève
à l’autre. Il relève qu’à l’adolescence
nombreux sont les jeunes qui voudraient apprendre sans faire le moindre
effort, et comme plus l’élève éprouve des difficultés
scolaires, moins le plaisir du savoir est immédiat, ce n’est
pas simple. Pour sa part, il essaie d’établir des relations
entre la matière que les élèves doivent apprendre
et ce à quoi cela pourrait leur servir plus tard pour leur avenir
professionnel. Actuellement ne demande-t-on pas trop au savoir d’être
directement utile? Il répond que c’est peut-être parfois
le cas, mais que force est de constater que certains élèves
ne comprennent pas encore à l’âge du cycle d’orientation
l’utilité différée de certains savoirs constitutifs
d’une culture générale. |
| Propos recueillis par N. Revaz |
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