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L'estime de soi en
citations
Les sources de la motivation L’image qu’un élève a de lui-même
est si importante que Bernard Weiner a affirmé que ce ne sont pas
tant les capacités réelles de l’élève
qui comptent pour qu’il apprenne mais bien celles qu’il pense
avoir. Des perceptions de soi générales, comme l’estime
de soi et le concept de soi, influencent la motivation de l’élève.
Cependant, les recherches contemporaines, comme celles d’Albert
Bandura, professeur à l’université de Stanford en
Californie, montrent que ce sont plutôt des perceptions spécifiques
au contexte de classe qui sont les sources les plus importantes de motivation.
Eliane était le cinquième enfant d’une
famille d’agriculteurs. Les parents valorisaient peu l’école
et comme Eliane ne semblait pas manifester beaucoup d’enthousiasme
pour tout ce qui touchait à l’instruction, elle avait déjà
dû refaire sa première année primaire à cause
des résultats catastrophiques qu’elle avait obtenus. Suite
à la maladie de l’enseignant titulaire, une jeune femme particulièrement
motivée pour ses élèves s’intéressa
à Eliane. Elle l’installa au premier rang, près de
son pupitre, lui donna de l’attention et à plusieurs reprises
lui dit combien elle était persuadée qu’avec des yeux
aussi intelligents, elle avait sûrement la possibilité de
réussir. Eliane, lorsqu’elle rentrait chez elle, montait
dans la chambre à coucher de ses parents, seule pièce où
il y avait un miroir et elle regardait avec émerveillement ses
yeux «intelligents». Eliane devint une bonne élève,
passa son baccalauréat et fit des études qui lui permirent
de prendre d’importantes responsabilités. Elle attribue à
cette institutrice, qui probablement ne le saura jamais, la pose des fondations
de son estime d’elle-même.
Mais doit-on parler d’une ou de plusieurs estimes
de soi? Le concept d’estime de soi présente les mêmes
difficultés que celui d’intelligence: la multiplicité
de ses sources et de ses manifestations le rend particulièrement
difficile à cerner clairement. Tout comme il semble exister plusieurs
formes d’intelligence, il est bien possible que l’estime de
soi, plutôt qu’une dimension unique, soit la résultante
de plusieurs composantes. Chez l’enfant, elle recouvre souvent au
moins cinq dimensions:
Globalement, les systèmes scolaires compétitifs
améliorent l’estime de soi des sujets chez lesquels elle
est haute et altère celle des autres. A l’inverse, les systèmes
non compétitifs valorisent relativement moins l’estime de
soi des bons élèves, mais améliorent celle des mauvais.
C’est assez logique, car, dans les systèmes non compétitifs,
les réussites ne sont pas excessivement valorisées, ni les
échecs durement sanctionnés ou trop soulignés. Du
coup, les sujets à basse estime de soi se sentent moins menacés
par une ambiance d’émulation dont on a vu qu’elle convenait
aux sujets à haute estime de soi, que ces derniers la vivent avec
calme ou avec tension.
Il y a diverses manières d’encourager. Chaque
fois que nous soutenons l’enfant dans une conception personnelle,
courageuse et confiante, nous lui apportons un encouragement. Le flatter
est inutile. La première question qui doit nous venir à
l’esprit est de savoir si notre méthode l’aidera à
développer l’estime qu’il a de lui-même.
De nombreuses recherches démontrent d’ailleurs
que l’estime de soi est au cœur de la prévention de
problèmes tels le décrochage, les difficultés d’apprentissage,
la délinquance, l’abus de drogue et d’alcool et le
suicide.
Montrez l’exemple à votre enfant Exprimez régulièrement votre affection Donnez-lui le sentiment qu’il est unique Ecoutez-le régulièrement parler de
lui Intéressez-vous à ce qui l’intéresse
Voilà peut-être ce qu’il est le plus
important de faire comprendre à celui qu’on éduque.
Devenir soi-même est une conquête, cela ne se fera pas tout
seul. Sans ce désir d’aller de l’avant, de surmonter
les épreuves, d’affronter les difficultés, on n’a
aucune chance de se découvrir, de se développer, de devenir
ce que l’on est en germe. On ne gravit pas un sommet élevé
en montagne sans avoir cet esprit de conquête et, le sommet atteint,
on a vraiment le sentiment d’avoir réussi un petit exploit
et la satisfaction d’avoir surmonté des difficultés:
bref, on est légitimement fier d’être parvenu au but.
C’est bien cet esprit de conquête qu’il faut insuffler
à nos jeunes. La confiance en eux leur viendra d’avoir vaincu,
de s’être vaincu.
L’estime de soi n’est pas du tout synonyme
de narcissisme et ne constitue nullement un sentiment d’admiration
de soi-même associé à de l’égocentrisme,
à des sentiments de grandiosité et d’omnipotence.
Au contraire, l’estime de soi suppose une conscience de ses difficultés
et de ses limites personnelles. Toute personne qui a une bonne estime
de soi est capable de dire d’elle-même: «J’ai
des qualités, des forces et des talents qui font que je m’attribue
une valeur personnelle, même si je fais face à des difficultés
et que je connais mes limites.» Malheureusement, dans notre société
de tradition judéo-chrétienne, l’estime de soi est
encore trop souvent associée à vanité, orgueil et
égoïsme. |
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