L'estime de soi en citations

Les sources de la motivation

L’image qu’un élève a de lui-même est si importante que Bernard Weiner a affirmé que ce ne sont pas tant les capacités réelles de l’élève qui comptent pour qu’il apprenne mais bien celles qu’il pense avoir. Des perceptions de soi générales, comme l’estime de soi et le concept de soi, influencent la motivation de l’élève. Cependant, les recherches contemporaines, comme celles d’Albert Bandura, professeur à l’université de Stanford en Californie, montrent que ce sont plutôt des perceptions spécifiques au contexte de classe qui sont les sources les plus importantes de motivation.
Coordonné par Jean-Claude Ruano-Bourbalan. Eduquer et former. Les connaissances et les débats en éducation et en formation. Paris: Sciences Humaines Editions, 2001.


Les enseignants et l’estime de soi

Eliane était le cinquième enfant d’une famille d’agriculteurs. Les parents valorisaient peu l’école et comme Eliane ne semblait pas manifester beaucoup d’enthousiasme pour tout ce qui touchait à l’instruction, elle avait déjà dû refaire sa première année primaire à cause des résultats catastrophiques qu’elle avait obtenus. Suite à la maladie de l’enseignant titulaire, une jeune femme particulièrement motivée pour ses élèves s’intéressa à Eliane. Elle l’installa au premier rang, près de son pupitre, lui donna de l’attention et à plusieurs reprises lui dit combien elle était persuadée qu’avec des yeux aussi intelligents, elle avait sûrement la possibilité de réussir. Eliane, lorsqu’elle rentrait chez elle, montait dans la chambre à coucher de ses parents, seule pièce où il y avait un miroir et elle regardait avec émerveillement ses yeux «intelligents». Eliane devint une bonne élève, passa son baccalauréat et fit des études qui lui permirent de prendre d’importantes responsabilités. Elle attribue à cette institutrice, qui probablement ne le saura jamais, la pose des fondations de son estime d’elle-même.
Rosette Poletti, Barbara Dobbs. L’estime de soi. Un bien essentiel. Saint-Julien-en-Genevois: Editions Jouvence, 1998.


L’estime de soi au quotidien

Mais doit-on parler d’une ou de plusieurs estimes de soi? Le concept d’estime de soi présente les mêmes difficultés que celui d’intelligence: la multiplicité de ses sources et de ses manifestations le rend particulièrement difficile à cerner clairement. Tout comme il semble exister plusieurs formes d’intelligence, il est bien possible que l’estime de soi, plutôt qu’une dimension unique, soit la résultante de plusieurs composantes. Chez l’enfant, elle recouvre souvent au moins cinq dimensions:
l’aspect physique («est-ce que je plais aux autres?»);
la réussite scolaire («suis-je bon élève?»);
les compétences athlétiques («est-ce que je suis fort-e, rapide, etc?»);
la conformité comportementale («les adultes m’apprécient-ils?»);
la popularité («est-ce qu’on m’aime bien?»).
Ces dimensions ne se distribuent pas forcément de manière homogène.
Christophe André in Sciences Humaines N° 131, octobre 2002.


L’influence du milieu scolaire

Globalement, les systèmes scolaires compétitifs améliorent l’estime de soi des sujets chez lesquels elle est haute et altère celle des autres. A l’inverse, les systèmes non compétitifs valorisent relativement moins l’estime de soi des bons élèves, mais améliorent celle des mauvais. C’est assez logique, car, dans les systèmes non compétitifs, les réussites ne sont pas excessivement valorisées, ni les échecs durement sanctionnés ou trop soulignés. Du coup, les sujets à basse estime de soi se sentent moins menacés par une ambiance d’émulation dont on a vu qu’elle convenait aux sujets à haute estime de soi, que ces derniers la vivent avec calme ou avec tension.
Christophe André, François Lelord. L’estime de soi. S’aimer pour mieux vivre avec les autres. Paris: Editions Odile Jacob, 1999.


Soutenir l’enfant

Il y a diverses manières d’encourager. Chaque fois que nous soutenons l’enfant dans une conception personnelle, courageuse et confiante, nous lui apportons un encouragement. Le flatter est inutile. La première question qui doit nous venir à l’esprit est de savoir si notre méthode l’aidera à développer l’estime qu’il a de lui-même.
Danielle Laporte, Lise Sévigny. Comment développer l’estime de soi de nos enfants. Guide pratique à l’intention des parents d’enfants de 6 à 12 ans. Montréal: Editions de l’Hôpital Sainte-Justine, 1998.


Prévention par l’estime de soi

De nombreuses recherches démontrent d’ailleurs que l’estime de soi est au cœur de la prévention de problèmes tels le décrochage, les difficultés d’apprentissage, la délinquance, l’abus de drogue et d’alcool et le suicide.
Danielle Laporte, Lise Sévigny. Comment développer l’estime de soi de nos enfants. Guide pratique à l’intention des parents d’enfants de 6 à 12 ans. Montréal: Editions de l’Hôpital Sainte-Justine, 1998.


Conseils aux parents

Montrez l’exemple à votre enfant
Avant de vous préoccuper de l’estime de soi de vos enfants, occupez-vous… de la vôtre! Soyez un modèle: acceptez les critiques, ne vous effondrez pas face aux échecs. Surtout, n’adoptez pas des comportements opposés aux valeurs que vous souhaitez transmettre.

Exprimez régulièrement votre affection
L’ «intention d’amour» ne suffit pas. Elle doit être accompagnée de paroles claires et de gestes concrets – des baisers, des «je t’aime», et pas seulement des cadeaux – pour qu’il sache qu’il est digne de passer devant vos autres préoccupations (le travail notamment).

Donnez-lui le sentiment qu’il est unique
Votre enfant doit prendre conscience de sa propre valeur. Evitez de le comparer avec ses cousins, ses copains… S’il a des frères et sœurs, ne vous adressez pas toujours à eux en tant que groupe, mais passez du temps en tête à tête avec chacun.

Ecoutez-le régulièrement parler de lui
N’attendez pas qu’il soit triste pour vous occuper de lui. Prenez la température de son moral en toute saison.

Intéressez-vous à ce qui l’intéresse
Il apprend le judo, construit une maquette d’avion, est fan des 2B3? Encouragez-le! Ne vous contentez pas d’une vague marque d’intérêt, mais demandez-lui quelle prise il préfère, combien pèse une aile en balsa…
Diane Wulwek in Psychologie magazine. N° 179, octobre 1999.


Etre conquérant

Voilà peut-être ce qu’il est le plus important de faire comprendre à celui qu’on éduque. Devenir soi-même est une conquête, cela ne se fera pas tout seul. Sans ce désir d’aller de l’avant, de surmonter les épreuves, d’affronter les difficultés, on n’a aucune chance de se découvrir, de se développer, de devenir ce que l’on est en germe. On ne gravit pas un sommet élevé en montagne sans avoir cet esprit de conquête et, le sommet atteint, on a vraiment le sentiment d’avoir réussi un petit exploit et la satisfaction d’avoir surmonté des difficultés: bref, on est légitimement fier d’être parvenu au but. C’est bien cet esprit de conquête qu’il faut insuffler à nos jeunes. La confiance en eux leur viendra d’avoir vaincu, de s’être vaincu.
Yannick Bonnet. Les neuf fondamentaux de l’éducation. Paris: Presses de la Renaissance, 2002.


Conscience

L’estime de soi n’est pas du tout synonyme de narcissisme et ne constitue nullement un sentiment d’admiration de soi-même associé à de l’égocentrisme, à des sentiments de grandiosité et d’omnipotence. Au contraire, l’estime de soi suppose une conscience de ses difficultés et de ses limites personnelles. Toute personne qui a une bonne estime de soi est capable de dire d’elle-même: «J’ai des qualités, des forces et des talents qui font que je m’attribue une valeur personnelle, même si je fais face à des difficultés et que je connais mes limites.» Malheureusement, dans notre société de tradition judéo-chrétienne, l’estime de soi est encore trop souvent associée à vanité, orgueil et égoïsme.
Germain Duclos. L’estime de soi, un passeport pour la vie. Montréal: Editions de l’Hôpital Sainte-Justine, 2000.

 

Résonances

 

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